Un décret du ministère de l'Intérieur interdit au grand public l'utilisation de mortiers de feux d'artifice. Brice Hortefeux entend lutter contre les attaques visant la police. L'interdiction entre en vigueur pour la Saint-Sylvestre.
Le décret du ministère de l'Intérieur instaurant l'interdiction au grand public de mortiers de feux d'artifice est paru au journal officiel mercredi 30 décembre. Cette mesure vise à mettre un terme aux "attaques" menées à l'aide de ces matériels notamment à l'encontre de la police.
L'interdiction entre en vigueur 24 heures après sa publication
officielle, soit le 31 décembre au matin, alors que la nuit
de la Saint-Sylvestre connaît chaque année quelques
débordements.
L'acquisition, la détention et la mise en œuvre d'artifices
K2 et K3 lancés par un mortier est interdite à toute personne qui
n'est pas titulaire d'un certificat de qualification particulière
ou d'un agrément délivré par le préfet de département ou le préfet
de police de Paris, selon le décret.
Les artifices de divertissement sont classés des plus faibles (K1)
aux plus puissants (K4) réservés aux professionnels.
Tout contrevenant encourt une amende de 1.500
euros.
"Principe de précaution"
En septembre, le ministre de l'Intérieur, Brice
Hortefeux, avait annoncé son intention d'interdire la
vente aux particuliers de l'ensemble des catégories de
mortiers.
La semaine dernière, les fabricants d'explosifs et d'artifices
avaient réclamé "le gel de toute décision administrative" visant à
interdire "sans discernement" la vente aux particuliers des
mortiers de feu d'artifice, ainsi qu'une réunion rapide sur ce
sujet avec l'Intérieur.
Le syndicat des fabricants d'explosifs, de pyrotechnie et
d'artifices (Sfepa) proposait parallèlement, "dans un principe de
précaution", de ne plus vendre aux particuliers "les mortiers
rechargeables de 50, potentiellement détournables"
et de "diffuser à ses distributeurs un document pédagogique et de
sensibilisation du grand public".
"Lutter contre les comportements violents"
Le Sfepa estimait qu'une interdiction "indifférenciée et
généralisée pénaliserait des millions de consommateurs
responsables" et jugeait que "le véritable enjeu de
sécurité", c'est de "lutter contre les comportements
violents et irresponsables (le détournement des artifices n'étant
qu'un exemple très réducteur au regard des objets
susceptibles d'être utilisés : électroménager, boules de
pétanque, billes, béquilles...)".
Dans le magasin parisien d'articles de fêtes "Au clown de
Montmartre", on expliquait que les "artifices K2 étaient déjà
interdits à la vente aux mineurs" et que "depuis juillet les
grossistes n'en fournissent plus, on écoule les stocks".
(Nouvelobs.com)













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